Brésil

Le pays où la plage est culte

Le pays où la plage est culte

Au Brésil, travailler son corps est un art de vivre, tout comme aller à la plage. Chaque week-end, des milliers d’habitants de São Paulo et de Rio de Janeiro migrent vers les bords ensablés de l’océan. C’est ici que se croisent hommes et femmes à la silhouette aussi différente que les couches sociales du pays.

 

Pas de complexe sur le sable

À elles deux, les mégapoles de São Paulo et de Rio de Janeiro comptent plus de 16 millions d’habitants. Il faut imaginer le balai des voitures des Paulistanos et des Cariocas qui roulent vers le littoral tous les samedis et dimanches de l’année, y compris durant l’hiver austral. Ces flux engendrent souvent des embouteillages. Mais que ne ferait-on pas pour profiter du sable fin et de l’eau turquoise ?

Julien Mignot

Arrivé sur place, on observe des corps sculptés par le sport (et la chirurgie esthétique) et des profils aux formes plus généreuses, parfois des personnes obèses. Il faut dire que le surpoids touche la moitié de la population. Les plus pauvres achètent des produits industriels, gras et sucrés, parce qu’ils sont bon marché. Pour autant, à la plage, pas de complexe. Toutes les tranches d’âge se retrouvent ici. Exit les maillots une pièce. On arbore des bikinis avec string ou slip brésilien bien échancré, que l’on soit mince ou plus enrobé.

 

Chaque plage a ses codes

Les plages sont accessibles à tous. Familiales, sportives, authentiques, branchés ou populaires, elles sont un miroir de la société du pays. Mais elles sont segmentées. Tous les styles ne cohabitent pas ensemble, y compris sur une même plage. Non loin des stations de métro et des quartiers en périphérie de Rio de Janeiro, Copacabana accueille de nombreux Brésiliens des bidonvilles alentours. À Ipanema, c’est un tout autre paysage : la jeunesse dorée montre les muscles ; les femmes au corps de naïade se prélassent sur le sable chaud. Tentent-elles de rivaliser avec l’égérie du pays, le mannequin Gisele Bündchen ?

Ronan Guillou

Cette passion pour les silhouettes sculpturales s’illustre par un chiffre original : à Rio, il y a moins de pharmacies que de salles de fitness ! Un Carioca sur deux pratique un sport en salle, sur l’eau ou au bord de l’eau. Il n’est pas rare d’en voir modeler leurs abdominaux, faire des tractions ou soulever des haltères en respirant l’air iodé de l’océan, moins pollué que celui de l’intérieur des terres. Sur l’eau, les Brésiliens pratiquent le paddle ou le surf. Le long du rivage, ils courent, font du roller ou du vélo. Sur le sable, ils s’adonnent au football ou futevôlei (un mix des règles du football et du volley) et à bien d’autres sports collectifs.

 

Les 5 plus belles plages du Brésil

1

Ipanema, la plage carte postale

Ipanema, c’est le rendez-vous de la hype carioca des quartiers du sud de Rio. Animée et très fréquentée, elle offre aussi des moments de farniente, caïpirinha ou un açai glacé à la main. Au crépuscule, le soleil se glisse entre les montagnes jumelles de la Morro Dois Irmão, comme un dernier au revoir après une journée de plaisirs balnéaires.

Gunnar Knechtel

2

La baie de Sancho, un cadre idyllique

Classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, la baie de Sancho a de nouveau été élue “plus belle plage du monde“ par le site TripAdvisor en février 2017. Elle longe l’archipel Fernando de Noronha et il faut la mériter ! Car elle n’est accessible qu’en descendant par une échelle abrupte nichée entre deux rochers. C’est alors que l’on entre au paradis du sable blanc, des eaux turquoises où nagent des dauphins, des tortues… mais aussi des requins !

Antonio Husadel

3

Copacabana, la plus célèbre

Tout comme le Corcovado, cette plage est l’un des emblèmes de Rio de Janeiro. Elle forme un arc de cercle de 4 km. S’y invitent des touristes et des Cariocas aux niveaux de vie variés, de la classe moyenne aux habitants des favelas. 

Luchino

4

Praia da Prainha, surf et nature 

À l'ouest de Rio de Janeiro, après les plages de Recreio, Pontal et Macumba, on accède à une plage de taille modeste, au cœur de la forêt tropicale. C’est la plage des surfeurs, avec des vagues qui peuvent atteindre jusqu’à 3 mètres de hauteur.

Zoé Fidji

5

Santos, proche de São Paulo

Quand on parle plages brésiliennes, on pense presque automatiquement à celles de Rio. Mais dans le port de Santos, logé entre montagnes et plaines où poussent les palétuviers, une plage se détache, celle de Santos. Elle borde le plus grand jardin côtier du monde avec 5,3 km de végétation sans interruption. Mais attention, l’eau de cette plage n’est pas toujours très pure.