Publié 13 janv. 2026
Écrit par Emmanuel Boutan
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Ça ne passe pas ! Si, ça passe ! Ça passe.
Lorsque vous débarquez à Mexico le week-end, la vie est étonnamment calme, fluide, détendue. C’est que les habitants qui le peuvent sont partis respirer ailleurs. La mégalopole en est partiellement dégonflée. Énorme ville no stress pour deux jours. On prend du bon temps dans de nombreux espaces verts, et autour des palissades métalliques dont les autorités ont protégé bâtiments officiels et monuments lors de récentes manifestations. Au moins dans les quartiers de Cuauhtémoc, Reforma, Polanco, Condesa ou Roma Norte. Les taxis roulent tranquilles en écoutant du rock gringo et les promeneurs de chiens se laissent traîner par leurs animaux. Il faut passer le week-end à Mexico. Le retour du temps ordinaire se signale de nuit par une légère crispation de l’air, des coups de vroum dans le niveau sonore. Et le matin, ça ressemble à ce que l’on imagine devoir être la cinquième ville du monde. Pour aller dans la Sierra Gorda – karst de La Huasteca, on entreprend de la quitter par la route. Pour se dégager de la grande ville, on traverse un traverse un labyrinthe de quartiers périphériques où se côtoient les minibus, les trailer trucks et les voitures particulières. Les banlieues, plus ou moins résidentielles, se succèdent longtemps. Le temps est très agréable. Bonne période, novembre.

@Baptiste Briand
La vie des bords de route, celle des échoppes et des ateliers, est étroitement dépendante du trafic. On peut manger des tas de choses sur le pouce ; la street food est une road food. Loin autour, des plateaux secs, bosselés. Des agaves et des cactus, cierges et à raquettes surtout. Pour le moment, le paysage est râpeux. Du côté de Bernal, il se redresse. La chaussée est bonne, mais coupée de ralentisseurs brutaux. On rallie Cadereyta de Montes. Il y a là un très important conservatoire de cactus, croisement de jardin botanique et de porc-épic, la Quinta Fernando Schmoll. On visite les serres de multiplication et le jardin pentu, peuplé de formes fantastiques, énormes churros verdâtres, pastèques épineuses, priapes chevelus et urticants. Piqué, c’est le mot, de curiosité, on s’enfonce là-dedans en se gardant du mieux que l’on peut. Le centre du village, avec ses maisons basses, qui condescendent à ouvrir sur l’extérieur, fait étrangement penser à une médina colorée. Les deux églises évoquent le baroque romain. Grand retable de bois doré. Zocalo en bonne et due forme, avec kiosque. Sur les trottoirs, de grands criquets bruns.
À l’approche de la sierra, belles éminences roux-bronze. Cactus toujours et Joshua trees. On traverse d’étonnantes étendues ravinées, d’un relief modeste mais très intriqué, aux bords émoussés. Le modelé de la montagne se fait ample, avec de lourds sommets à facettes, des drapés à plis embrassés. Partout, un arbrisseau en gerbe porte des fleurs jaunes. À une altitude suffisante, les arbres réapparaissent : feuillus et résineux, serrés. En ces lendemains de saison des pluies, les verts se nuancent indéfiniment dans la lumière dorée du jour déclinant. Les milieux changent à vue d’œil. On parvient à Jalpan, de Serra en hommage à fray Junipero Serra, forjador de la grandeza espiritual, cultural y material de la Sierra Gorda dit le piédestal de la statue que le pueblo y gobierno quaretanos lui ont édifiée en 1984. On ne pouvait espérer meilleur patronage. Le dispositif urbain est nettement dessiné : le zocalo, avec son kiosque, les bâtiments municipaux, la grande église Santiago de Jalpan dans son enclos, accessible par quelques marches depuis la place, le sacré exigeant des transitions. De part et d’autre, des rues à angle droit, dont la pente brouille l’orthogone idéal. C’est paisible sans être morne. C’est détendu sans être débridé. Autour d’un gobelet de café, on vous raconte, étranger pour étranger, les années passées à Chicago ou Seattle. Jalpan n’est pas un cul-de-sac ; la plaque tournante du coin plutôt.
Éveillé tôt, je regarde le jour se lever sur la montagne. Nuages. Bruits mouillés. Des oiseaux passent, noirs sur le ciel gris. Le couvert forestier est très dense. Pas de grande animation chromatique mais l’avènement calme d’un matin. D’un coup de voiture, on va visiter des missions franciscaines que l’Unesco a inscrites au patrimoine mondial – Santiago étant la première des cinq. Cela nous ramène au siècle des Lumières. En route, le vaste mouvement de la montagne, des ligne simples et pures, plans et arrière-plans estompés gris-bleu. Voilà San Francisco del Valle de Tilaco. Ce qui frappe, la façade. Faite pour ça : frapper. Des registres de conques, emblèmes, saints, un décor végétal proliférant. Les fins et les moyens sont exposés sans détours, mais dans une langue symbolique apte à réduire le culture gap entre Indiens et missionnaires. Il y a du sermon en ronde-bosse là-dedans. Les Indiens d’abord restèrent à l’extérieur du temple, vieille attitude révérencielle. Et puis on entre – on est un voyageur. C’est simple et digne. La douleur et le sang, bien sûr, avec pourtant une surprenante élégance. Le pathétique a de la tenue ici. À Santa Maria del Agua de Landa de Matamoros, Nuestra Senora de la Soledad, seule en effet dans la niche, est d’un noir impeccable. De Matamoros, tueur de Maures, il y a dans ce nom un transfert d’aversion. Le classement Unesco a fourni de quoi entretenir les édifices. Santa Maria de Landa est bien jolie, avec sa façade vieux rose, ses murs crème et le ciel azur au-dessus. Nuestra Senora de Guadalupe ? Elle ne manque jamais. Une telle ubiquité lui est une discrétion paradoxale : elle s’efface dans la permanence de cette exposition.

@ Fitopardo/Adobe Stock
Cet après-midi, la colombe cède le pas à Ara militaris. On va jusqu’au Canyon de Infiernillo. La voiture hésite devant certains chemins sommaires, mais elle s’en sort bien. On voit des ânes et de petites vaches. Forêt de feuillus tout autour. Le guide nous entraîne dans une assez longue descente à travers bois. Dans une gorge, au pied d’un énorme rocher que la végétation rend hirsute, un couple d’aras, puis deux, montent et descendent. Ils sont bientôt rejoints par d’autres, qui animent l’espace en tous sens. Les cris, comme de caoutchouc râpé, contrastent avec la légèreté des vols. Ils vont par deux, ces grands oiseaux verts, dont le couple est stable. Notre acolyte du jour, qui court le Mexique depuis bientôt trente ans, n’en a jamais vu autant, ni d’aussi près. Nous sommes seuls ici. Et les oiseaux nous offrent le spectacle d’une vie absolue, à laquelle seul Dieu – ou rien – assiste. Nous jetons en somme un regard sur la rencontre du temps et de l’éternité. Avant de remonter tant bien que mal. Haut dans le ciel, d’autres de ces beaux Psittacidés passent encore. De retour à Jalpan, nous n’avons pas volé la cecina – bœuf séché puis cuit – la bière citron-sel et le mezcal.
Le lendemain, route pour Xilitla, plus bas à l’est. Champs d’agaves bleus ; papillons ; vaches osseuses et bien encornées, elles sont grises, chocolat, café, à fanon. Du maïs. Vallées évasées ; sur les pentes, de gros blocs erratiques. La végétation change, beaucoup de pins dans les hauts. Forêt nébuleuse ? Brume, en tout cas, qui se détache en écharpes. Puis, au fur et à mesure que l’on descend, c’est un envahissement végétal progressif. Des parfums captieux, suaves. Des formes nouvelles, exubérantes, des feuilles largement épanouies, lustrées, denses. L’opulence tropicale. En quelques dizaines de kilomètres, le milieu a muté. Les bananiers montrent un peu partout leurs bouquets de grandes feuilles débraillées. Déjeuner dans un petit restaurant de Xilitla : quesadillas au huitlacoche, un champignon parasite du maïs. Des musiciens passent, guitare, guitarron, violon en main. Une rue du bourg fait penser aux Indes, orientales. Sur la place centrale, une église fortifiée. C’est une fondation augustinienne. Elle a un aspect austère, que tempère un carillon soft. L’odeur de torréfaction est fréquente, le secteur étant celui des plantations de caféiers. Le musée Leonora Carrington propose une belle collection de sculpture et de peinture. Le surréalisme eut au Mexique un relais, un asile, un carburant. Le domaine Las Pozas, d’Edward James, étant de cela un témoignage éloquent. Ou la maison du poète-mécène, désormais Posada el Castillo. En attendant d’approfondir la question, direction le Sotano de las Golondrinas. Il s’agit d’un gouffre karstique de plus de trois cents mètres de profondeur, dans lequel vivent en grand nombre des martinets à collier blanc. Lorsque ces oiseaux regagnent leurs pénates, en fin d’après-midi, ils font littéralement averse dans la cavité. Quand ils basculent, on les perd de vue ; on entend juste le vrombissement multiplié d’une chute vertigineuse. Expérience acoustique des plus impressionnantes. Comment ils se rétablissent dedans ? Mystère pour les visiteurs, qui se tiennent un peu au-dessus de l’ouverture. Lorsque les martinets ne se livrent pas à des exploits balistiques, on peut voir passer dans l’air libre des vols de conures vertes.

Jardín Escultórico Edward James
Le chant des oiseaux est plus sonore et élastique qu’en Europe. Il semble parfois produit par des instruments mécaniques. Ce matin, nous visitons Las Pozas. La thébaïde d’Edward James dans la sylve tropicale de Xilitla. Le béton enduit trouve ici une expression étonnante, voire stupéfiante. Ces montées de colonnes parmi les arbres, les bassins, cascades, méga-fleurs, escaliers, belvédères où passe encore l’ombre de l’esthète britannique, ont quelque chose de fascinant, par les dimensions de l’œuvre, son absurdité, finalement. Rêve inaccessible et dispendieux, qui produit en poursuivant vainement son achèvement. On comprend que le surréalisme ait été de la partie. Un geste poétique qui a trouvé une espèce d’accomplissement ruiniforme énigmatique. En somme, un très beau jardin. Après un nouveau passage à Jalpan – où la fête des vallées bat son plein, avec rito de los voladores et revue naturelle des costumes traditionnels, spécialités de bouche – poursuite vers Pinal de Amoles, où se niche le chalet d’altitude du voyage. Admirable paysage de montagne, nettement dessiné, auquel la lumière et la profondeur donnent une transparence poudrée. Sur les sommets, des cimiers de pins. Soirée au chalet : feu de cheminée et mezcal. À l’aube, le plafond nuageux déçoit les amateurs de lever de soleil triomphal. Peu importe, le panorama de montagne est une splendeur. Chant du coq – c’est universel. Dans la descente, chacun s’achemine vers ses tâches quotidiennes. À bord de minibus Vamonos a la escuela, par exemple. Les accotements sont propres. Dans l’ensemble, la sierra est bien entretenue.

Roberto Puga/Adobe Stock
En allant vers Bernal, on retrouve l’aridité, le rocher, la végétation raréfiée. La carcasse minérale du paysage apparaît. Celui-ci redevient très ouvert, avec d’énormes buttes, des pieds d’éléphants, des tresses, des plis colossaux. Bec, plumes et griffes, les urubus cherchent pitance. À nouveau, les commerces routiers. Ici, barbacoa, mouton cuit à l’étouffée. Stop ! Et bouillon aux pois chiches, tacos viande, abats. Tout ça gras et sapide à souhait. On aime les saveurs riches au Mexique. Et le paysage se module, se ravine, ploie en fortes collines. Dans la lumière et l’éloignement, la montagne se fait impalpable et bleue. Du gris s’insinue dans la palette végétale. Cactus partout. Tout à coup, le piton de Bernal : 433 mètres de porphyre. Au pied, une charmante petite ville coloniale, où le tourisme donne la note. Il n’empêche, c’est évocateur. Et les terrasses, aménagées sur les toits des maisons basses, sont bien agréables. Les gens viennent ici pour se donner du délassement. En banlieue, visite à un chevrier-confiseur. Le vent transporte la poussière à travers la propriété. Le troupeau de biquettes alpines est bien acclimaté. Les animaux sont familiers ; ils ont un air de santé qui fait plaisir. Avec leurs yeux barrés, les chèvres ont un regard étrange. On fait ici de délicieux caramels.
D’abord, Querétaro est une ville blanche sur le ciel bleu. Des sociétés étrangères y sont installées nombreuses. Un peu ville d’expat’, nouvelle façon d’être mexicaine. De cela, le complexe Hercules est emblématique. Ancienne filature transformée en brasserie-biergarten-hôtel-design-salle-de-concert-ateliers-de-créateur, c’est un espace cosmopolite et contemporain très séduisant. Juste derrière, le pays d’antan ne s’en laisse pas compter. Le bel aqueduc de grès rose précise que les aménagements ne datent pas d’hier. Et le zocalo est ravisant, comme toute la vieille ville d’ailleurs. Bonne atmosphère de corso. Il y a une vie, qui n’est pas feinte. Nous sommes samedi : mariages dans toutes les églises. Et cortèges en ville avec des mariachis. On convole public. La noce est un acte social flagrant, annoncé à son de trompette. Il y a de bons restaurants. Celui-ci, par exemple, qui vous sert escamoles – larves de fourmis, pulque, mezcal. Et La Llorona de ce soir est d’un guitariste-crooner qu’on jurerait être Nick Cave. De ce soir, car la chanson est aussi inévitable que la sauce pimentée : mélodie increvable, pathos imparable, la Pleureuse résiste à tout. Le lendemain, les rues rectilignes ont un léger tremblé. Le Museo de Arte, installé dans un ancien monastère, documente de façon claire l’histoire de la ville et de la région. Culture préhispanique, christs lacérés, saints extatiques, système colonial, fume-cigarette de Maximilien de Habsbourg-Lorraine, fanion révolutionnaire, etc. On resterait bien à Querétaro, mais il faut gagner Guanajuato.

Alix Pardo
À travers un paysage ondulé et sec. Cactus à raquettes, un arbuste nu à fleurs blanches, des arbres brefs et barbelés. Roussâtre dans l’ensemble. On pense à John Ford, au western. On croise de grands pick-ups. Charrettes motorisées, qui opèrent toutes sortes de transports. Les vaches n’ont pas de type unifié. Elles sont bien découplées, costaudes, et paissent autour de grosses buttes de grès lie-de-vin. Il y a des cowboys. Et des terrains de baseball près des villages. Le Mexique est un pays d’Amérique du Nord. De loin en loin, au revers d’une colline, quelques empans d’un vert soutenu, puis l’ocre reprend ses droits. La route évoque bien ces souvenirs que l’on doit au cinéma ou à la télévision. L’arrivée à Guanajuato, ville de pentes et de couleurs, qui fut riche de l’extraction et du commerce de l’argent, se fait sans encombre. Tout un réseau de tunnels a été construit dessous à partir du début du XXe siècle. C’est efficace. Le GPS préfère la surface et les dévers bâtis autrefois. Pittoresques certes, mais pas du tout conçus pour les automobiles bodybuildées d’aujourd’hui. Ça passe ? Peut-être. Ça passe, ça passe juste, très juste. La voiture garée, on n’y touche plus. Et on va à pied, puisque la ville s’y prête. Le Teatro Juarez, construit entre 1872 et 1903, dénote au moins deux choses. La prospérité d’alors et l’appartenance à un modèle que l’Europe diffusait partout. La représentation d’ouverture fut Aïda, de Verdi. Devant, autour de la place, des cafés et des ficus, taillés en pavés droits. Dans les rues, beaucoup de musiciens et de chanteurs ; traditionnellement, des étudiants de l’université. Laquelle occupe l’un des plus impressionnants édifices du centre. La basilique Nuestra Senora de Guanajuato, les principaux bâtiments administratifs et les hôtels des grandes familles sont regroupés autour de la place de la Paix. L’autre pôle de la ville historique. L’Alhondiga de Granaditas, construit au XVIIIe siècle, a peu rempli sa fonction de grenier d’abondance, mais il a été le théâtre de la première bataille de la guerre d’Indépendance, en 1810. Hors ce Guanajuato officiel, lacis de rues, passages, petites places, escaliers. Un charme urbain et polychrome, où les motifs du Dia de Muertos apparaissent de façon récurrente.

Chris Luengas/Unsplash
La journée suivante commence à la Presa, hors des remuements de la ville basse. C’est là qu’habite notre poisson-pilote du jour. On commence par une belle demeure Art nouveau. Vitraux de qualité et très caractéristiques de ce style souple. Ceux qui habitaient là à l’époque se sont sans doute félicités de la construction du Teatro Juarez. Pendant ce temps, l’avenir esthétique du Mexique s’esquissait : Diego Rivera pintor magnifico est né à Guanajuato, en 1886. Ensuite, les aménagements hydrauliques du quartier, dont l’origine remonte au XVIIIe siècle. Où que l’on aille, il n’y a pas d’empire sans maîtrise de l’eau. Ici, il y avait un empire. En passant devant l’École normale d’instituteurs, on remarque un bronze réaliste qui exprime toute la dignité reconnue à la fonction. Un baume pour les instits. Dans un atelier de céramiste, nous admirons la dextérité des artistes. Ces techniques étant de vieille tradition mexicaine, il est agréable de les voir toujours vivantes et non délocalisées overseas. Dans une arène de baseball, des jeunes s’exercent à devenir Fernando Valenzuela. Il est bien temps alors de faire une halte dans une halle pour une bière et des carnitas : faites cuire du cochon longtemps ; tenez tiède sous de grosses lampes ; à la demande, hachez grossièrement viandes et abats ; servez sur des tortillas. Puis retour à ces jolies rues aux maisons pastel, qui escaladent et dévalent les collines sur lesquelles est installée la ville. Le métal argent était la grande affaire à l’hacienda San Gabriel de Barrera, construite au XVIIe siècle. L’argent et la religion, si l’on en croit la collection d’art réunie par le musée. En tout cas, la visite met clairement en évidence un dispositif colonial déjà industriel, les éléments d’une société. C’est aussi un beau jardin calme, que le tintamarre urbain n’atteint pas. Pour suivre, que diriez-vous d’une praline ? Au Mexique, tout de même. Ce chocolatier travaille les meilleures fèves de cacao. Et compose avec du piment, du nopal ou du fromage bleu. Virtuose en son domaine. Derrière une porte quelconque, dans un jardinet, un temazcal, sauna préhispanique. Rite de sudation encore arrimé aux pratiques chamaniques ; sous la bâche rouge, on est loin de l’hygiénisme moderne. Après de beaux ateliers de gravure, on traverse le marché Hidalgo, inauguré en 1910. Il faillit être une gare. En tout cas, il est siglé Eiffel. Et complète le panorama de Guanajuato Belle Époque. La soirée mezcal chez notre ami local clôt dignement la journée. Cet alcool d’agave mérite que l’on se penche sur la variété et la finesse de ses arômes.

Chris Luengas/Unsplash
Ici encore, on s’attarderait. Néanmoins, il faut rejoindre San Miguel de Allende. Alors, on récupère la voiture et on reprend la route. À la sortie de Guanajuato, l’église de La Valenciana, sous le patronage du fondateur des théatins, Gaétan de Thiène, est d’un churrigueresque flamboyant. Sa proximité avec une riche mine d’argent, sans doute. Néanmoins, c’est l’or des trois retables monumentaux qui a la charge d’élever l’âme du fidèle. Ou de la terrasser. On ne sait trop, le sens s’étant un peu perdu de l’aurification de la foi. Passés les reliefs qui entourent Guanajuato, aridité et cactus. À première vue, le village d’Atotonilco ne paraît pas devoir vous arrêter longtemps. Le sanctuaire de Jésus Nazaréen lui-même, vu de l’extérieur, est plutôt sobre. Il ne laisse pas prévoir ce qu’il recèle. Fondé au XVIIIe siècle par un prêtre de l’Oratoire, on y donne depuis presque l’origine les Exercices de saint Ignace. C’est dans la doctrine du fondateur des jésuites – Louer la décoration et les édifices des églises, ainsi que les images et le fait de les vénérer pour ce qu’elles représentent – qu’un étourdissant décor peint trouve son sens. Et les fresques réalisées alors dans tout l’édifice par surtout Antonio Martinez de Pocasangre sont absolument renversantes. Le chef d’œuvre du baroque populaire mexicain. Elles illustrent la doctrine de la Contre-Réforme avec une vitalité, un sens de l’espace, des ensembles et des détails, de la dramaturgie plastique, une palette sans beaucoup d’équivalents. C’est inépuisable. Le fidèle, pas plus que le simple visiteur, ne peut tout embrasser : le mouvement de l’Église l’emporte. Ou une étrange beauté. Les muralistes modernes avaient de qui tenir.
Enfin, voici San Miguel de Allende. C’est vrai que cette ville est très jolie. Elle bénéficie d’une attention particulière. Le tourisme l’entretient sans la dénaturer. Bien entendu, on est là beaucoup entre gens de passage mais, comme souvent, il suffit de se déporter de quelques rues, ou de deux ou trois pâtés de maisons, pour retrouver ceux dont c’est la ville. On s’assied à un stand, on commande gorditas et atole, et voilà, on y est, par la grâce d’un tabouret en plastique thermoformé. Autour du Jardin Principal, les Américains sont là en voisin. C’est assez ce que souhaitent les Mexicains d’ailleurs, des relations de bon voisinage. On dirait que cela fonctionne, à cette échelle. En tout cas, le charme mexicain opère. Les mariachis font le spectacle. Dans la grande église Saint Michel Archange, le Christ agonise. La façade est d’un néogothique local, peut-être pas plus fantasmé, au fond, que celui de Viollet-le-Duc. Les bougainvilliers font étalage de l’intensité chromatique spéciale de leur floraison. À la périphérie du secteur classé, les murs (bien) peints se succèdent. Rouge sang de bœuf dans la vieille ville, palette street art ailleurs, San Miguel affiche la couleur. Et, sous ce qu’elle a d’explicite, réserve au voyageur curieux une authenticité inespérée.
Photo de couverture : Chris Luengas/Unsplash
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Ça ne passe pas ! Si, ça passe ! Ça passe. Lorsque vous débarquez à Mexico le week-end, la vie est étonnamment calme, fluide, détendue. C’est que les habitants qui le peuvent sont partis respirer ailleurs. La mégalopole en est partiellement dégonflée. Énorme ville no stress pour deux jours. On prend du bon temps dans de nombreux espaces verts, et autour des palissades métalliques dont les autorités ont protégé bâtiments officiels et monuments lors de récentes manifestations.
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